Lecture 2020-26 : « Pile ou face » de James Patterson et Candice Fox

Les Patterson se suivent et ne se ressemblent pas. Lorsque les Editions de l’Archipel m’ont proposé de recevoir ce nouveau polar, j’ai eu une petite inquiétude en voyant qu’il s’agissait de la suite de Plus jamais qui, on ne va pas se le cacher, était loin d’être une réussite. Mais bon, mon amour pour Patterson m’a fait craquer et, finalement, je dois reconnaître que ce fut une excellente décision.

Pile : elle gagne, face : elle meurt (4e de couverture)

Pas facile de faire son métier de flic, quand votre frère est accusé d’être un serial killer. Et que vous êtes la seule à croire à son innocence.

Alors que s’ouvre à Sydney, le procès de Sam, soupçonné du meurtre de trois étudiantes, l’inspectrice Harriet « Harry » Blue, sa sœur, doit enquêter dans l’outback australien.

Sa mission ? Déjouer les plans d’un psychopathe décidé à rayer une bourgade de la carte et ses 75 âmes.

Pendant ce temps, à Sydney, deux amis et collègues d’Harry tentent d’innocenter Sam. Ils auraient besoin d’elle, mais le psychopathe l’a prise en otage.

Une chance sur deux pour elle de sauver sa peau…

Deux enquêtes pour le prix d’une

Mon intuition à la fin de ma lecture de Plus jamais s’est finalement vérifiée avec cette suite. En effet, l’enquête concernant Sam, le frère de l’héroïne, accusé du meurtre de plusieurs étudiantes, n’y avait été que survolée voire bâclée, ce qui avait été d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je n’avais pas été convaincu. Ici, Patterson et Fox se rattrapent et réussissent avec succès à maîtriser et mener à bien leur intrigue.

En effet, globalement la structure du roman repose sur la même que celle du premier opus de la série : Harry, toujours aussi impulsive, se retrouve, une nouvelle fois, envoyée au fin fond du bush australien et donc écartée de l’enquête concernant son frère. Bon, il faut reconnaître que cette fois-ci, elle l’a un peu mérité (vous comprendrez pourquoi en découvrant ses exploits dans la salle des pas perdus) même si son adversaire était particulièrement détestable. Elle ne perd, cependant, rien au change car, faute de s’occuper de celui qui, selon elle, a conduit à tort son frère en prison, elle va devoir pourchasser un tueur amateur de bonbonnes de gaz et fans des tueries de masse. Le tout aidé par le sergent Victoria Snale à qui il reste encore à faire ses preuves et par Kash, un ancien des forces spéciales qui voit des terroristes derrière chaque buisson et qui se voit affublé du surnom de « Gi Joe » par Blue ; cela vous donne déjà une bonne image du personnage.

Ce sont donc deux enquêtes qui nous occupent tout au long du roman. La première est celle menée par Blue et je trouve qu’elle est plutôt bien pensée dans la mesure où, lorsque l’on découvre le fin mot de l’histoire, tout s’emboîte assez justement et s’intègre parfaitement à une actualité hélas encore trop récurrente. Mais je ne doute pas que nombreux seront ceux qui trouveront rapidement la solution. En tout cas, je n’ai pas été déçu pour ma part car le côté huis-clos créé par le fait que la bourgade ne comporte que 75 habitants renforce la suspicion qui frappe alors chacun d’entre eux. L’intérêt de cette histoire aura été aussi de créer une osmose et une complémentarité au sein du trio d’enquêteurs, ce qui n’était pas du tout gagné au départ. Pour la seconde enquête concernant le frère de Blue, c’est Whitt, le méticuleux obsessionnel, qui s’y colle, mais Blue n’oublie pas de lui attribuer d’office un co-équipier de son crû, sorte de miroir déformant de Whitt, en la personne de Tox que je vous laisse découvrir car il vaut son pesant de cacahuètes. Cette deuxième facette de l’intrigue nous lance à la recherche du « fameux » serial killer qui semble s’être joué du frère de Blue et c’est l’occasion de découvrir un personnage plus que torturé et difficilement cernable. Une chose est sûre, vous n’aurez aucune envie de le croiser dans un parking lorsqu’il fait nuit noire et qu’il est mal luné car vous aurez une chance sur deux de vous en sortir. Mais, si vous vous en sortez, ne croyez pas qu’il lâchera l’affaire aussi facilement car c’est un tenace.

L’épilogue, en tout cas, nous annonce un troisième volet qui risque de se révéler bien plus sombre que les deux premiers, tant Blue et le tueur d’étudiantes sont déterminés à régler leurs comptes. Ils se sont cherchés, ils devraient bientôt se trouver et cela s’annonce sans merci. Je trépigne déjà d’impatience.

Bon, une énigme reste, toutefois, non résolue à la fin de ma lecture : le titre… En effet, je ne vois pas du tout le rapport entre l’intrigue et celui-ci. Donc si quelqu’un a une idée, je suis preneur.

Mon chouchou à moi

La palme revient au personnage de Jed, cet ermite que tout le monde fuit et qui le leur rend bien. Et pourtant, au fil du roman, on le voit évoluer car il a désormais un but dans la vie et celui-ci, aussi surprenant qu’il soit, s’avère particulièrement touchant et attendrissant.

En résumé, si vous n’avez pas forcément aimé Plus jamais, n’hésitez pas à vous lancer dans cette suite qui ne vous décevra pas et qui vous permettra de retrouver tout ce qui fait le succès des romans de Patterson.

James Patterson et Candice Fox, Pile ou face, Editions de l’Archipel, 2020

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